Contentieux algéro-français: Tebboune dénonce “un brouhaha créé de toutes pièces”
- cfda47
- 23 mars
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Dernière mise à jour : il y a 16 heures

Dans une entrevue accordée aux médias nationaux, diffusée samedi soir sur les chaînes de télévision et de radio algériennes, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, s'est exprimé sur les relations entre l'Algérie et la France, qualifiant le contentieux entre les deux pays de “brouhaha” et de “capharnaüm politique” “créé de toutes pièces”.
“Il y a un brouhaha, un capharnaüm politique en France autour d'un contentieux créé de toutes pièces”, a déclaré le chef de l'État algérien, précisant que le président Emmanuel Macron demeure son “unique point de repère” dans les relations bilatérales.
M. Tebboune a souligné l'importance de la coopération directe entre les plus hautes instances des deux États:
“Nous travaillons ensemble. Il y a eu, c'est vrai, un moment d'incompréhension, mais il reste le Président de la république française, et personnellement, tous les problèmes doivent se régler soit avec lui ou avec la personne qu'il délègue, en l'occurrence son ministre des Affaires étrangères.”
Concernant la gestion de ce dossier sensible, le président algérien a affirmé avoir confié cette mission à “quelqu'un de très compétent qui a toute ma confiance, en l'occurrence le ministre des Affaires étrangères, M. Ahmed Attaf”.
Des relations d'État à État :
Le président a tenu à rappeler la nature fondamentale des relations entre les deux pays :
“L'Algérie et la France sont deux États indépendants : une puissance africaine et une puissance européenne et deux Présidents travaillant ensemble. Tout le reste ne nous concerne pas.”
Interrogé sur les visites d'officiels français dans les territoires sahraouis occupés, M. Tebboune a estimé que ces actions “ne sont pas une provocation”. Il a néanmoins exprimé des réserves sur la manière “ostentatoire” dont ces visites sont conduites, soulignant qu'elles “posent un problème” et “dérangent l'ONU et la légalité internationale”.
Mémoire et reconnaissance historique :
Abordant la question mémorielle, le président Tebboune a rappelé que “la France officielle a reconnu l'assassinat de Ben M'hidi”, faisant référence à la reconnaissance par la France de l'assassinat du leader indépendantiste algérien Larbi Ben M'hidi. “L'histoire nous la connaissons. On ne refait pas l'histoire. Cela nous ramène à la question de la mémoire”, a-t-il ajouté.
Le président algérien a également évoqué ce qu'il perçoit comme une asymétrie dans la conception française de la liberté d'expression : “Quand on met la poussière sous le tapis, cela devient irrespirable pour la France. Pour eux, la liberté est 'je dis ce que je veux et tu te la fermes'. On ne se la ferme pas.”
M. Tebboune a toutefois conclu sur une note positive, rendant hommage aux “Français qui nous aiment et qui nous ont aidés” et aux “journalistes français honnêtes et courageux qui disent la vérité”, citant des personnalités comme Maurice Audin, Pierre Maillot, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Simone Veil et Gisèle Halimi.
Sophie K.
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