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France/Algérie: Macron désavoue Retailleau sur les laissez-passer consulaires

  • cfda47
  • 4 mars
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 6 mars

Pour la deuxième fois en l'espace de quelques semaines, Emmanuel Macron contredit ouvertement son ministre de l'Intérieur sur la politique à mener face à l'Algérie, notamment concernant la question des expulsions et des laissez-passer.

 

Contrairement à la position intransigeante de Bruno Retailleau, le président français estime que la coopération consulaire avec l'Algérie est à un niveau acceptable. Emmanuel Macron considère que les 3000 laissez-passer consulaires délivrés par l'Algérie en 2024 témoignent d'une collaboration satisfaisante, particulièrement lorsqu'on compare ce chiffre à ceux d'autres pays comme le Maroc, la Tunisie ou le Mali.


Cette appréciation présidentielle vient directement contredire les accusations répétées de son ministre de l'Intérieur, qui affirmait que l'Algérie ne respectait pas ses engagements internationaux en matière de réadmission de ses ressortissants.

 

Une divergence stratégique sur l'accord de 1968

 

Le désaccord entre les deux hommes s'étend également à l'approche de l'accord franco-algérien de 1968 régissant l'immigration. Alors que Retailleau semblait favorable à une remise en cause unilatérale de cet accord, Macron a fermement rejeté cette option : “Je suis totalement favorable, non pas à le dénoncer, mais à le renégocier”, a-t-il déclaré, rappelant les discussions déjà engagées avec le président Tebboune en 2022 pour moderniser ce texte.

 

Le chef de l'État préconise un “dialogue exigeant et respectueux” là où son ministre menaçait d'une “riposte graduée” si l'Algérie ne reprenait pas des “centaines d'Algériens jugés dangereux”.

 

Un second désaveu qui fragilise l’autorité de Retailleau

 

Ce n'est pas la première fois que le président contredit publiquement son ministre de l'Intérieur sur ce dossier sensible. Cette nouvelle intervention présidentielle souligne non seulement les tensions au sein de l'exécutif français, mais aussi la volonté d'Emmanuel Macron de garder personnellement la main sur les relations franco-algériennes.

 

En ajoutant à ses préoccupations le sort de l'écrivain Boualem Sansal, Macron élargit par ailleurs le cadre du dialogue avec Alger au-delà des seules questions migratoires, démontrant une approche plus globale et diplomatique que celle, plus sécuritaire, défendue par Retailleau.



Sophie K

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