La France convoquée par l'Algérie sur le dossier des biens immobiliers
- cfda47
- 17 mars
- 2 min de lecture

Le ministère algérien des Affaires étrangères a officiellement convoqué l'ambassadeur de France, Stéphane Romatet, pour examiner le dossier des biens immobiliers français en territoire algérien. Cette convocation, la quatrième en sept mois, marque une intensification notable des tensions diplomatiques entre les deux nations.
Au centre des discussions se trouve la question de 61 propriétés exploitées par la République française sur le sol algérien. Parmi ces biens figurent notamment le siège de l'ambassade française, complexe de 14 hectares situé sur les hauteurs d'Alger, ainsi que la résidence officielle de l'ambassadeur connue sous le nom des “Oliviers”, propriété de 4 hectares à El Biar. Selon les autorités algériennes, ces biens sont occupés moyennant des contreparties financières considérées comme disproportionnellement avantageuses pour la partie française, avec des valeurs locatives restées pratiquement inchangées depuis l'indépendance en 1962 jusqu'à août 2023.
Suite aux positions exprimées par le ministre français de l'Intérieur Bruno Retailleau et plusieurs formations politiques hexagonales considérant que l'Algérie jouissait de privilèges excessifs dans les relations bilatérales, les responsables algériens opposent une lecture radicalement différente. Ils avancent que l'analyse méthodique des traités en vigueur révèle au contraire un déséquilibre structurel bénéficiant principalement aux intérêts français.
L'Algérie affirme notamment que les accords de 1968 relatifs aux questions migratoires ont principalement servi les intérêts économiques français en fournissant une force de travail substantielle ayant contribué à la prospérité hexagonale. De même, les dispositions commerciales établies en 1994 auraient, selon Alger, facilité l'implantation des entreprises françaises sur le marché algérien sans réciprocité équivalente.
Ainsi, les autorités algériennes semblent désormais déterminées à obtenir une révision substantielle des conditions régissant l'occupation des biens immobiliers français sur leur territoire, considérant cette question comme un élément central d'une nécessaire rééquilibrage global des relations bilatérales.
Sophie K.
Comments