Nassera Dutour et Zaki Hannache alertent l’ONU sur la répression en Algérie
- cfda47
- 8 mars
- 2 min de lecture

Lors de la 58ème session du Conseil des droits de l’homme à Genève (HRC), Nassera Dutour, présidente du Collectif des familles de disparus en Algérie, et Zakaria Hannache dit Zaki, militant des droits humains, condamné à l'exil, ont dénoncé la répression des libertés en Algérie et l’acharnement judiciaire contre les défenseurs des droits humains.
Dans son intervention, Nassera Dutour a souligné que les lois liberticides adoptées après le Hirak sont utilisées pour museler la société civile et réprimer toute opposition.
« Le Hirak leur a tellement fait peur qu’ils nous ont opposé des lois qui terrorisent encore aujourd’hui la population algérienne et répriment la jeunesse », a-t-elle déclaré.
Elle a également insisté sur l’importance d’un État de droit, d’une justice indépendante et de libertés fondamentales pour garantir la vérité et la justice en Algérie.
« Je me battrai jusqu’à mon dernier souffle pour que les Algériens puissent vivre libres dans leur pays et ne soient plus contraints de risquer leur vie en mer », a-t-elle ajouté.
Zaki Hannache, quant à lui, a dénoncé l’intensification des poursuites contre les militants et les journalistes. Condamné à trois ans de prison ferme pour son engagement à documenter les violations des droits humains, il fait face à d’autres accusations, notamment en vertu de l’article 87 bis du Code pénal algérien, utilisé pour qualifier des opposants de « terroristes ».
« Les autorités algériennes considèrent la défense des droits humains comme un crime », a-t-il affirmé, rappelant que de nombreux militants ont été contraints à l’exil pour échapper à l’acharnement judiciaire.
Selon lui, la répression s’est accentuée depuis la visite de la Rapporteuse spéciale des Nations unies, sans que les recommandations visant à protéger les défenseurs des droits humains ne soient appliquées. Il a également dressé un bilan inquiétant de la situation des avocats et des journalistes : 20 avocats ciblés, 4 emprisonnés, dont Me Mohamed Chahid détenu depuis 17 mois sans procès, ainsi que 21 journalistes incarcérés et 37 poursuivis judiciairement depuis 2019.
Les témoignages de Nassera Dutour et Zaki Hannache démontrent une situation alarmante où la répression des libertés et l’instrumentalisation de la justice se poursuivent en Algérie, malgré les engagements internationaux du pays en matière de droits humains.
Yacine M
Comments