“Prison ou exil”: la diaspora algérienne interpelle Jean- Noël Barrot avant sa visite à Alger
- cfda47
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Dernière mise à jour : il y a 6 heures

À la veille d'une visite officielle en Algérie du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, plusieurs organisations de la diaspora algérienne ont publié une lettre ouverte dénonçant la situation des droits humains dans le pays.
Dans ce communiqué, les signataires - Riposte Internationale, Pour une Alternative Démocratique en Algérie et Révolution du Sourire - rappellent que
“les droits humains doivent rester au cœur des relations bilatérales, dans une perspective de justice, de dignité et de respect mutuel.”
L'arrestation récente de l'écrivain Boualem Sansal est au centre de leurs préoccupations. Si cette affaire a suscité une forte émotion en France, les organisations regrettent
“ un silence persistant entourant la détention de nombreux autres citoyens algériens, dont plusieurs binationaux franco-algériens, eux aussi victimes d'une répression arbitraire, mais relégués dans l'oubli.”
Derrière le cas médiatisé de Sansal se cache une réalité bien plus sombre. Environ “deux cent cinquante détenus d'opinion” sont actuellement emprisonnés en Algérie. Le poète Mohamed Tadjadit, l'universitaire Mira Moknache, la militante Abla Ghomari et le journaliste Abdelwakil Blam figurent parmi ces prisonniers politiques largement ignorés du débat public.
Le mouvement populaire du Hirak a marqué un tournant dans la répression. Depuis son émergence, “des dizaines de milliers d'arrestations ont eu lieu” et “près de deux mille citoyennes et citoyens ont été détenus pour leurs opinions”. Les organisations font également état de “brutalités et des cas de tortures avérés”.
La répression prend aussi d'autres formes. La liberté de circulation est gravement entravée, avec des “Interdictions de Sortie du Territoire National” (ISTN) appliquées “en dehors de toute décision judiciaire”. Des Algériens et Franco-Algériens se retrouvent ainsi bloqués pendant des mois, “perdant leur travail et mettant leurs familles en difficulté”. Quant aux opposants exilés, ils sont contraints de “renoncer à leurs convictions politiques contre le respect de leur droit à la liberté de circulation.”
Pour les signataires, cette situation n'est pas le fruit du hasard mais le résultat d'une politique délibérée. Depuis 2021, l'adoption d'un “arsenal de lois liberticides” a permis “l'extension abusive de la qualification de 'terrorisme'” et la “criminalisation de la liberté d'expression”. Un véritable “climat de terreur” s’est installé, touchant étudiants, journalistes, universitaires et militants.
La diaspora établit un lien direct entre cette répression et les tensions migratoires franco-algériennes. “Une part de l'épineuse question des OQTF trouve son origine dans ce déni des droits et libertés.” Sans véritable transition démocratique,
“les citoyennes et citoyens n'auront d'autre choix que la prison ou l'exil.”
Les organisations appellent donc à repenser en profondeur les relations diplomatiques entre Paris et Alger. Elles plaident pour
“une diplomatie responsable, fondée sur l'intérêt des deux peuples, la clarté des engagements, l'absence de privilèges indus et sur le respect de la Déclaration des droits de l'Homme ainsi que des textes internationaux relatifs aux droits humains.”


Sophie K.
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